Ile Maurice : un paradis fiscal ?

21 novembre 2013

Ile Maurice : un paradis fiscal ?

La chaîne M6 a diffusé mi-novembre un documentaire décrivant Maurice comme un paradis fiscal. En effet, la dernière édition de Capital présente l’île comme un havre pour les « exilés fiscaux » qui fuient la France.Ce sujet délicat a fait l’objets de multiples commentaires à la radio et dans les journaux locaux.

Ce reportage de M6 vient apporter de l’eau au moulin des détracteurs du secteur financier à Maurice.Les titres de presse L’Express, Le Mauricien et le Défi font également état, dans leurs colonnes, des commentaires de l’association britannique ActionAid sur les abus des traités de non-double imposition entre plusieurs états et notre île.Le plus préoccupant demeure le manque de réactions officielles sur ce qui constitue un pan important de l’économie locale.

Les journalistes de M6 expliquent que c’est bien le ras-le-bol fiscal qui poussent certains français à couler des jours heureux hors de l’Hexagone.Ceux qui en ont les moyens peuvent, le plus légalement du monde, s’évader d’une fiscalité lourde en franchissant les frontières.En s’installant à Maurice, les ressortissants français ne paient que 15% d’impôts sur le revenu.Nous sommes loin des 45-75% de taux d’imposition pratiqués par le fisc.C’est plus cet écart important qui entraîne ce flux de capitaux vers des contrées plus tropicales.

Quant à la possibilité offerte aux investisseurs et aux entreprises de créer des sociétés offshores, il est vrai que ce mécanisme d’optimisation fiscale existe.L’émission d’une carte bancaire pour tout titulaire d’un compte mauricien n’a rien d’exceptionnel.L’opacité et le secret bancaire sont deux choses différentes.A Maurice, même si l’identité du bénéficiaire du compte peut être caché, il est toujours possible de relier un compte à une personalité juridique.

Si des efforts de transparence reste à faire à Maurice, une remise à plat de la fiscalité telle que proposée par Jean-Marc Ayrault semble tout aussi salutaire.Selon l’OCDE, Maurice utilise les traités de non double imposition pour devenir une plateforme de l’investissement direct étranger(FDI) et bénéficie de capitaux qu’elle n’a pas contribué à produire.Nous touchons là un problème d’éthique dans la finance internationale.

Dans une économie mondialisée, où les flux de capitaux voyagent à la vitesse de la lumière, des états-confettis comme Maurice se battent pour survivre.Ceux qui vivent grâce aux services financiers savent qu’ils doivent le moderniser et le rendre plus compétitif.Le reportage du magazine Capital a ,au moins, le mérite de nous faire réfléchir sur l’orientation que nous souhaitons donner à notre société.

 

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