En quête (d’une carte) d’identité

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28 octobre 2013

En quête (d’une carte) d’identité

Depuis quelques semaines déjà, la contestation envers les nouvelles cartes d’identité biométriques ne cesse de croître à Maurice. Dans les journaux, plusieurs citoyens inquiets exposent leurs motifs de grief envers ce document obligatoire pour les plus de 18 ans. La justice a même été saisie,sans succès, pour tenter de bloquer le processus de conversion à cette carte d’identité inédite dans l’île. De son côté, l’Etat mauricien tente de rassurer la population et continue le processus de transition pour que tous soient munis de cette pièce d’ici 2016.

La principale pomme de discorde porte sur une éventuelle atteinte à la vie privée que comporte le prélèvement des dix empreintes digitales du demandeur de la carte à puce. Ces données anthropométriques seront ensuite conservées dans un fichier détenu par le gouvernement. Des voix s’élèvent contre l’utilisation qui sera faite de cette masse d’informations. Plusieurs personnes ne font plus confiance aux institutions et craignent que ce dispositif ne soit utilisé pour contrôler la population.

Les détracteurs de cette carte d’identité doutent de sa constitutionnalité et ils demanderont au juge de trancher sur ce point important. L’Etat mauricien ne peut ,quant à lui, faire demi- tour sur un projet qui aura coûté plus d’un milliard de roupies soit 25 millions d’euros au contribuable mauricien. Cependant, des zones d’ombre persistent sur les conditions d’attribution, sans appels d’offres pour un marché public, de ce juteux contrat à Singapour.

En revanche, je trouve étrange que les opposants à cette technologie aient commencé leur mouvement si tard. Quand le projet de loi relatif à cette carte d’identité à été débattu à l’Assemblée nationale de la République de Maurice, personne ne s’en est offusqué. Il semblerait que la société civile ait du mal à s’affirmer vis-à-vis des princes qui nous gouvernent. L’opposition parlementaire a également sa part de responsabilité et ne peut se contenter de critiquer la mise en place d’un tel programme sans proposer de solutions.

Plusieurs questions restent pour l’instant sans réponses. Pourquoi prélever les empreintes des dix doigts alors que seuls deux d’entre elles seront stockées sur la carte à puce ? Quelles sont les garanties et les mesures prises pour empêcher tout piratage de ce fichier national d’identification? Ce progrès technologique s’il rend la carte moins facilement falsifiable, ouvre également la porte à un risque de dérive totalitaire.

 

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